Les entreprises pas « suffisamment conscientes » des défis de demain

Écrit par sur 17 février 2020

Le développement technologique des entreprises québécoises doit passer à un niveau supérieur, aux dires du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Une vaste consultation menée auprès d’employeurs et de travailleurs appelle le gouvernement à « conscientiser encore plus les entreprises à l’importance d’accroître leur productivité ».

En entrevue à Radio-Canada, Jean Boulet explique y voir une forme d’insouciance chez elles. % des employeurs considèrent qu’ils sont à la fine pointe de la technologie alors que le taux d’automatisation dans le domaine manufacturier au Québec n’est que de 25%. Il est de 55% aux États-Unis, de 75% en Allemagne.”,”text”:”Ce qui m’a fasciné, c’est que 60% des employeurs considèrent qu’ils sont à la fine pointe de la technologie alors que le taux d’automatisation dans le domaine manufacturier au Québec n’est que de 25%. Il est de 55% aux États-Unis, de 75% en Allemagne.”}}” lang=”fr”>Ce qui m’a fasciné, c’est que 60 % des employeurs considèrent qu’ils sont à la fine pointe de la technologie alors que le taux d’automatisation dans le domaine manufacturier au Québec n’est que de 25 %. Il est de 55 % aux États-Unis, de 75 % en Allemagne.

Il ne s’agirait pas de travailler davantage, mais de mieux travailler grâce aux nouvelles technologies, à la robotisation et à l’intelligence artificielle. Le gouvernement entend d’ailleurs agir davantage sur le rehaussement des compétences des travailleurs, que ce soit pour les problèmes de littératie ou à l’adaptation aux technologies.

Le Conseil du patronat partage ces constats, qui touchent tout particulièrement les petites entreprises. Il y a selon son président Yves-Thomas Dorval un effort de plus à faire pour les accompagner dans la gestion du changement. En matière de formation, par exemple, il appelle les cégeps à favoriser l’enseignement in situ. La formation doit être décloisonnée du cadre actuel pour qu’elle puisse se rendre dans les entreprises. Actuellement, c’est très long, très compliqué.

Le besoin de répondre à ce défi deviendra d’autant plus criant si un ralentissement économique se pointe à l’horizon. Il faut qu’on se donne une vision pour être compétitif à l’échelle internationale, insiste-t-il.

L’augmentation de la productivité m’apparaît être un incontournable économique et social. On a vu des licenciements collectifs qui auraient peut-être pu être évités si on avait eu un niveau d’automatisation supérieur.

Quels seront les métiers du futur?

La Commission des partenaires du marché du travail, à l’origine de la consultation, a lancé un appel de projets aux associations de travailleurs et d’employeurs afin de connaître quels seront les métiers du futur.

Le ministre évoque en exemple les entraîneurs de robots, un métier pour lequel il faudra identifier les qualifications et les exigences ainsi qu’implanter un plan de formation. Les machines peuvent faire le travail d’un humain, mais encore faut-il qu’une personne les programmes.

L’offensive permettra selon lui d’éviter une aggravation de la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs.

Peu de crainte d’être licencié

La consultation confirme en plus de façon assez spectaculaire, selon M. Boulet, qu’un nouveau rapport de force avantage les salariés. Plus de 80 % des travailleurs sondés sont persuadés de se retrouver un emploi facilement en cas de licenciement.

Pour le ministre, les entreprises doivent offrir des horaires de travail flexibles aux personnes expérimentées et une ambiance positive et des perspectives promotionnelles aux jeunes, en plus d’être davantage accommodantes avec la main-d’œuvre immigrante ou avec une situation de handicap.

Mathieu Dion est correspondant parlementaire à Québec


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