Les chefs élus Wet’suwet’en demandent la démission de la ministre Carolyn Bennett

Écrit par sur 12 mai 2020

Les chefs élus de la Première nation Wet’suwet’en demandent que la ministre des Relations Couronne-Autochtones Carolyn Bennett démissionne de son poste en raison d’une entente entre la Colombie-Britannique, Ottawa, et les chefs héréditaires de la nation.

Selon un communiqué publié lundi, quatre chefs élus disent avoir été exclus des négociations et demandent aux gouvernements fédéral et provincial de rejeter le protocole d’entente sur les droits et le titre conclu avec les chefs héréditaires.

L’accord préliminaire traiterait essentiellement de la question des droits ancestraux et des titres sur leur territoire traditionnel y compris la terre, les cours d’eau et le partage des revenus. Bien que les détails n’aient pas encore été rendus publics, il donnerait aux chefs héréditaires une influence importante sur les projets d’exploitation des ressources, selon une copie de l’accord obtenu par CBC News.

Les chefs héréditaires des Wet’suwet’en s’opposent à la construction d’un gazoduc qui traverserait leur territoire dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique. Le projet Coastal GasLink doit rejoindre les installations d’exportation de LNG Canada à Kitimat, dont le coût de construction s’élève à 40 milliards de dollars.

À New Hazelton, à l’ouest de Smithers, dans le nord de la province, des manifestants bloquent des voies ferrées.

Photo : Fournie par Lillian Granley

Cependant, la majorité des conseils de bande élus appuient le projet Coastal GasLink. L’opposition à la construction de ce gazoduc de 670 kilomètres a déclenché des manifestations et des blocages de voies ferrées qui ont paralysé une partie de l’économie du pays en février dernier.

Autorité juridique en question

Le communiqué des élus est signé par la cheftaine Rosemarie Skin de la Nation Skin Tyee, le chef Dan George de la Première nation Tx’il Kaz Koh, la cheftaine Maureen Luggi de la Première nation Wet’suwet’en et la cheftaine Patricia Prince de la Bande indienne Nee Thai.

Mme Luggi a expliqué en entrevue que la demande vise la démission de Mme Bennett, et non du ministre provincial des Relations autochtones et de la réconciliation Scott Fraser, puisque Mme Bennett représente dans ce cas la Couronne.

Dans cette circonstance, nous sommes témoins d’un échec de la Couronne qui poursuit des négociations tout en excluant un certain groupe de personnes, explique Mme Luggi en référence à l’exclusion des chefs élus.

Selon elle, les élus songent à poursuivre un recours judiciaire. Ils affirment que les chefs héréditaires n’ont pas l’autorité juridique de signer des ententes au nom de leurs membres, autorité qui appartient, selon eux, aux chefs élus.

En début mai, les chefs élus des Wet’suwet’en ont déclaré qu’ils n’avaient pas l’intention de signer le protocole d’entente sur les droits et le titre, un document appuyé la veille par les chefs héréditaires de cette Première Nation très divisée sur le projet de gazoduc Coastal GasLink.

Manque de consultation, disent les élus

Les élus se sont rencontrés virtuellement avec les chefs héréditaires pendant six heures jeudi dernier, dit le communiqué. C’est à ce moment, affirment les élus, qu’ils ont pour la première fois obtenu une copie du protocole d’entente.

Les chefs élus soutiennent que le processus de consultation n’avait aucun semblant de crédibilité.

Nous soutenons les négociations sur les droits et le titre de la nation Wet’suwet’en, cependant nous contestons le manque de consultation, déclare leur communiqué.

Les chefs héréditaires de Wet’suwet’en Rob Alfred, John Ridsdale et Antoinette Austin, qui s’opposent au pipeline Costal GasLink, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Les chefs héréditaires et les ministres Bennett et Fraser n’ont jusqu’ici pas répondu à des demandes d’entrevue au sujet du communiqué.

La publication du protocole d’entente est prévue le 14 mai. Le document établit un calendrier de trois mois pour négocier la reconnaissance juridique des clans Wet’suwet’en comme étant le corps gouvernant.

Le protocole d’entente a été conçu pour traiter de revendications territoriales plus larges, plutôt que d’un strict accord sur le gazoduc. Il a été conclu le 29 février, après des jours de discussions à Smithers, et les travaux sur le gazoduc ont repris après l’annonce de sa conclusion.

Avec des informations de CBC


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