Le NPD veut améliorer l’aide fédérale aux médias écrits

Écrit par sur 27 février 2020

Le Nouveau Parti démocratique demande au gouvernement Trudeau d’améliorer l’accès au fonds d’aide aux médias écrits.

Le député du NPD Alexandre Boulerice voudrait qu’Ottawa assouplisse le crédit d’impôt sur la masse salariale des journalistes, afin d’augmenter le nombre de médias qui pourraient y avoir accès.

Le programme existe depuis un an maintenant; il faut agir rapidement pour l’améliorer.

Le fonds d’aide aux médias écrits contient 595 millions de dollars sur cinq ans. De cette somme, 375 millions de dollars sont offerts en crédit d’impôt sur la masse salariale. En ce moment, les journaux peuvent recevoir un crédit d’impôt de 25 % de la rémunération d’un journaliste dont le salaire ne doit pas dépasser 55 000 $.

Alexandre Boulerice demande à Ottawa de hausser le plafond du salaire admissible de 55 000 $ à 85 000 $ et d’augmenter le pourcentage du salaire admissible au crédit d’impôt de 25 % à 35 %, comme le recommandait le groupe d’expert. Ce qui aurait pour effet de faire passer l’aide maximale par journaliste à près de 30 000 $ au lieu de 14 000 $.

Le député fait ainsi écho aux recommandations effectuées par un groupe d’expert du gouvernement, déposé l’été dernier. Le rapport indique que ce programme d’aide est loin d’offrir une solution suffisante à la perte de revenus publicitaires dans les médias écrits.

Si on ne modifie pas les règles et les balises de ce programme, l’aide annoncée pour nos médias écrits risque de demeurer une coquille quasi vide et n’atteindra pas ses objectifs.

Le NPD affirme que beaucoup de journaux n’ont pas accès aux crédits d’impôt et beaucoup d’argent reste sur la table.

L’Association de la presse francophone estime que c’est prématuré de dire que de l’argent reste sur la table, parce que le fonds doit durer pendant cinq ans, explique la directrice générale Linda Lauzon. De plus, le programme est rétroactif au 1er janvier 2019.

Elle reconnaît cependant que le programme doit être bonifié, parce qu’en ce moment, ça donne aux médias une chance survivre, mais pas de prendre une vitesse de croisière.

Des changements impossibles dans le cadre actuel, répond le gouvernement

À l’approche du budget fédéral, Alexandre Boulerice demande au gouvernement fédéral de changer les règles. Le NPD assure que les modifications qu’il propose sont possibles sans dépasser le montant de total de 595 millions de dollars alloués par le gouvernement fédéral.

Le gouvernement Trudeau rétorque que c’est inexact et que les changements proposés seraient impossibles dans le cadre actuel, parce qu’il faudrait augmenter l’argent disponible et modifier la loi pour changer les critères d’admissibilité.

Ottawa affirme également que pour le moment aucune somme d’argent n’a été versée, puisqu’il faut attendre la création d’un panel d’experts, qui doit évaluer l’éligibilité des demandes des médias en partenariat avec l’Agence du revenu du Canada.

Selon une étude effectuée par l’école de journalisme de l’Université Ryerson, plus de 250 organes de presse canadiens ont fermé leurs portes en 10 ans. Un autre rapport a établi qu’un tiers des emplois en journalisme canadiens ont disparu en six ans.

Le rapport d’experts estime également que la presse écrite est en crise et que les médias numériques appartenant à des intérêts étrangers, comme Google et Facebook, priveront l’économie canadienne de sept milliards de dollars provenant de la publicité cette année.

Le rapport recommande au gouvernement de dépenser davantage de ses dollars publicitaires dans les médias locaux. Or, ce sont les géants du numérique qui reçoivent la part du lion.

Une compilation faite par Radio-Canada a permis d’établir que, pour les années 2018 et 2019, Ottawa a dépensé 52 millions de dollars en publicité chez Google, Facebook, Twitter et autres géants numériques. Pendant la même période, le gouvernement fédéral a déboursé 11,6 millions de dollars pour de la publicité en ligne sur d’autres plateformes, pour la plupart canadiennes.


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