Trudeau croit encore à une résolution pacifique de la crise autochtone

Écrit par sur 24 février 2020

Le gouvernement Trudeau maintient qu’une solution pacifique à la crise autochtone qui perturbe le pays est possible, bien que la Police provinciale de l’Ontario soit intervenue à Tyendinaga lundi matin, procédant à au moins quatre arrestations.

Le premier ministre Justin Trudeau a réuni d’urgence lundi matin le Groupe d’intervention en cas d’incident, qui inclut entre autres ses ministres de la Sécurité publique, Bill Blair, des Transports, Marc Garneau, et des Services aux Autochtones, Marc Miller.

Le gouvernement du Canada reste déterminé à trouver une solution pacifique et durable visant à mettre fin aux blocages d’une telle façon que la primauté du droit soit protégée et que la confiance et le respect entre toutes les parties concernées soient renforcés, peut-on lire dans un communiqué publié par le Cabinet du premier ministre.

Justin Trudeau a été bombardé de questions au sujet de la crise à la Chambre des communes. Il a réitéré sa préférence pour une « résolution pacifique » du conflit et son intention de « poursuivre le travail de réconciliation » avec les Autochtones.

Nous avons démontré un engagement positif envers la réconciliation et le dialogue pendant dix jours. Après que ce soit devenu clair que les communautés autochtones n’étaient pas prêtes à négocier de bonne foi avec nous, nous avons changé notre position. Je dois souligner évidemment que toutes les décisions policières sont prises indépendamment, a-t-il affirmé.

Critiqué pour sa gestion de la crise, M. Trudeau s’est défendu d’avoir manqué de leadership. On a reconnu que c’est du leadership national que ça prenait et c’est exactement ce qu’on a démontré en rassemblant les gens pour des négociations, en cherchant des façons de résoudre cette crise pacifiquement, a-t-il dit.

Malheureusement, quand on a vu que les négociations n’étaient pas faites de bonne foi, il a fallu changer de posture. Nous soulignons que nous sommes encore profondément engagés envers la réconciliation, a-t-il ajouté.

À propos de la barricade de Kahnawake, M. Trudeau souligne que son démantèlement relève des autorités québécoises. On continue de travailler avec nos partenaires provinciaux. C’est une juridiction provinciale, particulièrement pour les officiers qui sont à Kahnawake, les officiers autochtones. On va continuer de s’attendre à ce que les lois soient suivies, c’est l’important dans toute cette situation, a-t-il déclaré.

On est aussi depuis plusieurs jours en train de travailler avec le CN et les autres transporteurs ferroviaires pour s’assurer qu’on puisse faire parvenir le plus de marchandises et de biens possibles. On est en train de regarder des solutions de rechange.

La ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones Carolyn Bennett a assuré que le poste de la GRC sur le territoire des Wet’suwet’en était fermé.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

De la méfiance

De son côté, le ministre des Services aux Autochtones Marc Miller a lui aussi plaidé pour une solution non violente à la crise.

On travaille d’arrache-pied pour s’assurer d’une résolution pacifique. Moi et la ministre Bennett avons travaillé toute la fin de semaine pour convaincre les gens sur les barricades ainsi que le leadership héréditaire wet’suwet’en que le centre communautaire de police sur l’allée qui mène au projet Costal GasLink était bel et bien démantelé. Malheureusement, on n’a pas pu les convaincre, même si on avait des preuves à l’appui, a-t-il dit.

Il poursuit : Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autres lueurs d’espoir. C’est à cela qu’on travaille aujourd’hui. Mais, c’est clair qu’on faisait face à beaucoup de méfiance et beaucoup de demandes du leadership wet’suwet’en.

Questionné sur une apparente lassitude du gouvernement fédéral face à ce conflit qui perdure, Marc Miller a répondu qu’il importait de respecter les leaders wet’suwet’en. Évidemment, ils ont leurs façons de faire. Ils ont leurs demandes qui visiblement n’étaient pas assouvies, a-t-il répondu.

Pour sa part, la ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a souligné que les chefs héréditaires réclamaient un échéancier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de la Colombie-Britannique pour la fin de ses opérations.

C’était très important pour les chefs héréditaires. Il fallait qu’eux puissent communiquer que c’était à leur satisfaction et qu’ils puissent le dire à leurs partisans d’un océan à l’autre. Et cela ne s’est pas passé. Mais le bureau de la sécurité est fermé et nous avons hâte d’en entendre davantage pour que nous puissions continuer le dialogue, a-t-elle indiqué.

Le dialogue avec Costal Gaslink se poursuit avec la Colombie-Britannique. C’est un projet d’ordre provincial et ce sont eux [le gouvernement] qui font ce travail, a-t-elle précisé.


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