Malgré l’interdiction du gouvernement, Airbnb permet toujours la location de chalets

Écrit par sur 1 avril 2020

« Oui, il semble que les réservations soit possible (sic) », a écrit Alain, qui serait le propriétaire d’une maison à Saint-Joachim-de-Shefford, en Montérégie, avant d’envoyer une invitation à réserver sa demeure.

Nous nettoyons tout entre chaque voyageur. De plus, vous serez seul et c’est un endroit calme loin des voisins. Vous partagerez votre séjour seulement avec les oiseaux et les coccinelles 😉, a-t-il ajouté, avant de renvoyer un autre message, incitant à réserver son logement, quelques minutes plus tard.

Comme lui, deux autres hôtes d’Airbnb ont répondu favorablement à la demande du journaliste de Radio-Canada, qui a utilisé son compte personnel, pour tenter de réserver un chalet durant la fin de semaine du 10 au 12 avril.

Nous avons pourtant confié nos doutes sur la légalité de cette action. Il me semble que la location de chalet n’est pas recommandée, voire interdite en ce moment, a-t-on précisé, pour dissiper les doutes sur le fait que l’hôte pourrait ne pas avoir entendu parler des directives du gouvernement Legault.

Pas de problème pour ma part!!, a indiqué Béatrice, qui propose un luxueux chalet avec vue sur le fleuve St-Laurent, à Portneuf.

En anglais, Nadia a elle aussi souligné que son chalet à Tremblant était disponible pour les dates sélectionnées. Vous pouvez réserver, a-t-elle suggéré, en faisant suivre un autre courriel pour finaliser la transaction de plusieurs centaines de dollars.

En réalité, sur les six demandes que nous avons faites dans différentes régions du Québec, une seule personne a refusé. Deux autres n’ont pas répondu. Malheureusement en ce moment ce n’est pas possible, la loi l’interdisant, a rapidement spécifié Guillaume, à qui l’on a tenté de louer un magnifique bungalow près de Sherbrooke.

Aucune mention sur Airbnb.ca

Sur le site d’Airbnb.ca, aucune allusion n’est faite aux directives du gouvernement du Québec. Un citoyen peut librement sélectionner ses dates de voyage et entrer en communication avec un hôte, sans voir apparaître un message de la firme américaine. Airbnb propose cependant de rembourser intégralement ceux ayant réservé avant le 14 mars et mars2020 et le 31mai2020″,”text”:”dont la date date d’arrivée est comprise entre le 14mars2020 et le 31mai2020″}}” lang=”fr”>dont la date date d’arrivée est comprise entre le 14 mars 2020 et le 31 mai 2020.

Interdiction jusqu’à nouvel ordre

Normalement, aucune de ces réservations ne devrait pouvoir se faire, puisque samedi dernier, le gouvernement Legault a annoncé la fermeture des établissements d’hébergement touristique jusqu’à nouvel ordre.

Seuls deux types d’hébergement font exception à cette règle : certains terrains de camping qui peuvent accueillir des snowbirds n’ayant aucune autre possibilité de logement et les hôtels, qui sont considérés comme des services essentiels.

Les chalets, les résidences secondaires en location, les « Bed & Breakfast » et les auberges doivent quant à eux fermer leurs portes. Toutes les réservations faites jusqu’au 13 avril doivent être annulées, a spécifié le gouvernement Legault, qui avait demandé la contribution des plateformes d’hébergement collaboratif.

Cette directive a d’ailleurs été communiquée par Airbnb, par courriel, aux personnes mettant en location leur résidence. mars2020 et le 13avril2020″,”text”:”Ces nouvelles règles exigent des responsables de la location à court terme de s’abstenir d’accepter de nouveaux clients ou des réservations pour des séjours compris entre le 27mars2020 et le 13avril2020″}}” lang=”fr”>Ces nouvelles règles exigent des responsables de la location à court terme de s’abstenir d’accepter de nouveaux clients ou des réservations pour des séjours compris entre le 27 mars 2020 et le 13 avril 2020, est-il mentionné.

Sonder a retiré ses annonces

Sur Sonder.com, autre plateforme permettant de louer un hébergement, il n’est plus possible de réserver, d’ici le 13 avril, un logement touristique au Québec. Seuls des appartements dans des établissements hôteliers gérés par l’entreprise sont disponibles, ce qui est permis. En revanche, on retrouve toujours des centaines d’offres sur HomeAway.com, un site similaire, prisé pour trouver un logement de courte durée.

Québec n’exclut pas des amendes

Interpellé par Radio-Canada, l’entourage de la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, ne cache pas sa déception. On compte sur la participation de toutes les entreprises, de toute la population. C’est une question de santé publique. On appelle tout le monde à respecter les directives, affirme Sandra O’Connor, attachée de presse de la ministre.

Du côté du gouvernement, on ne cache pas que des mesures plus restrictives, avec la mise en place d’amendes, pourraient voir le jour.

On n’exclut pas la possibilité de mettre en place des mesures qui vont davantage pousser les hôtes et les plateformes d’hébergement à respecter les directives.

Le cabinet de Caroline Proulx précise également être en contact avec Airbnb et ne cache pas que des rappels vont à nouveau être réalisés.

L’entreprise américaine, de son côté, a brièvement répondu aux questions de Radio-Canada, en assurant travailler avec la province en temps réel pour communiquer avec nos hôtes au sujet de ces règlements pendant la crise actuelle.

Nous communiquons directement avec notre communauté d’hôtes et d’invités au Québec pour les sensibiliser, pour leur donner des conseils et pour leur fournir des mises à jour sur les directives gouvernementales.

Pourquoi n’a-t-elle pas suspendu les locations dans la province jusqu’au 13 avril?

Aucune réponse n’a été donnée, mais la firme dit espérer des exceptions de la part du gouvernement Legault pour permettre la location à court terme dans le cas de circonstances essentielles, comme pour les travailleurs de la santé et ou les Québécois qui doivent s’isoler, détaille Alex Dagg, directrice des politiques publiques d’Airbnb.


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