L’armée n’interviendra pas à Kahnawake, martèle Trudeau

Écrit par sur 4 mars 2020

À ceux qui réclament une intervention des Forces armées canadiennes pour que la barricade de Kahnawake soit démantelée, le premier ministre fédéral Justin Trudeau leur répète que ça n’arrivera pas.

Pour moi, il n’est pas question d’envoyer l’armée contre des citoyens canadiens. Ce n’est pas quelque chose qui pourrait calmer la situation.

L’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ) a réclamé qu’une unité spéciale de l’armée accompagne les agents de la Sûreté du Québec (SQ) lors d’une éventuelle intervention dans la communauté mohawk de Kahnawake, en banlieue sud de Montréal.

Le président de l’APPQ, Pierre Veilleux, a fait valoir qu’une mitrailleuse lourde avait été saisie par les Peacekeepers en janvier, à Kahnawake – et non pas sur les lieux de la barricade mise en place il y a trois semaines sur la voie ferrée du Canadien Pacifique (CP).

La semaine dernière, le premier ministre du Québec, François Legault, avait aussi évoqué la présence de fusils d’assaut de type AK-47.

Il y a un risque. Et moi, comme président de syndicat, je dois me soucier de la sécurité de mes membres, a déclaré mercredi M. Veilleux en entrevue à l’émission Tout un matin.

Si on joue avec ce type d’arme là, alors ça prend du renfort. Il faut organiser quelque chose qui puisse faire en sorte d’avoir un dénouement paisible.

Le conseil de bande de Kahnawake s’est inscrit en faux contre la requête de l’APPQ. Il est regrettable qu’il y ait des personnes qui préfèrent attiser les flammes plutôt que prôner la patience et le bon sens, a déclaré Joe Delaronde, porte-parole du conseil.

Un appel à la patience que Justin Trudeau a lui aussi prôné.

Il y a des négociations productives qui sont en cours avec les Mohawks, a-t-il insisté. On reconnaît que ça prend du temps. Même si nous avons pu rétablir le transport de marchandises par le CP, il y a encore des impacts sur les trains de banlieue. […] On espère pouvoir régler ça bientôt de façon durable et pacifique.

C’est à Québec de gérer une intervention policière potentielle, a rappelé M. Trudeau, en disant faire énormément confiance aux corps policiers du pays.

À Kahnawake, c’est toutefois les Peacekeepers, la force de police locale, qui a autorité sur le territoire, en vertu d’un accord tripartite entre Kahnawake, Québec et Ottawa.

Le gouvernement Legault n’a pas encore répondu à la demande de l’APPQ.


En ce moment

Titre

Artiste

Background