Non, Simon Jolin-Barrette n’est pas un robot

Écrit par sur 16 février 2020

Les bureaux montréalais du ministre sont vastes, dépouillés, silencieux. Nous sommes au 9e étage d’un immeuble tout neuf du boulevard Saint-Laurent, où les immenses fenêtres qui donnent sur la ville forment comme un ensemble de tableaux vivants. Montréal en gris, blanc et bleu pâle. Montréal qui n’a pas voté pour son parti.

Simon Jolin-Barrette m’attend dans son costume impeccable bleu layette. Une chemise impeccable blanche et une cravate gris clair.

Le début de notre entretien se dessine comme au crayon mine, bien aiguisé, efficace. Il me débite ses lignes sur la laïcité, l’immigration, etc. Je lui explique que, pour faire son portrait, j’ai besoin qu’il me fournisse des crayons de couleur aux mines plus tendres, plus gorgées de pigments, bref qu’il me parle de lui.

Je tente une question sur ses parents et son enfance. Peu de gens résistent à l’envie de parler de leurs parents. Pas lui. J’ai eu des parents aimants et une enfance heureuse, se contente-t-il de me dire, laconique. Bon.

Difficile d’être un personnage politique plus à l’avant-plan que Simon Jolin-Barrette, aujourd’hui, au Québec.

En octobre 2018, François Legault lui confiait les rôles de leader parlementaire et les ministères de la Francisation et de l’Immigration.

Depuis, il n’a pas chômé.

Il a livré le dossier de la loi 21 sur la laïcité de l’État. Il a affronté plusieurs vents de face, il a dû reculer sur une réforme de l’immigration qui lui a valu des critiques acerbes.

Il s’est fait opérer pour un ménisque déchiré. Il s’est fait voler.

On a dit de lui qu’il était insensible, déconnecté, brouillon, et les caricaturistes ont grossi le trait et le dessinent en androïde.

Dans la spéciale d’Infoman de fin d’année, regardée par près de 2 millions de personnes, le premier ministre François Legault confiait d’ailleurs, bon joueur, à Jean-René Dufort, que son robot est un peu brisé et qu’on va le réparer pendant les fêtes.

Le premier ministre ajoutait même, bon enfant : On travaille pour que Simon ait un peu d’émotions…

Le premier ministre du Québec, François Legault et Simon Jolin-Barrette lors du bilan de session de la CAQ, le 14 juin 2019

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Simon Jolin-Barrette est-il aussi stoïque que cette image qui lui colle à la peau? Dans le bureau du ministre, je patine fort pour le faire sortir de ses lignes habituelles.

Je lui demande s’il aime la musique. Il aime les Beatles.

Il aime aussi jouer au jeu de connaissances générales Trivial pursuit. Il aime voir ses vieux amis du secondaire. Il n’a plus le temps de jouer au hockey depuis qu’il est ministre.

– Et les livres? Êtes-vous un grand lecteur? Un livre qui vous a marqué? Je prends votre question en réserve, me répond-il.

Je lui parle d’un texte qui m’a marqué, moi. Un essai d’Hubert Aquin, intitulé L’Art de la défaite, que j’ai lu au cégep et qui a été décisif dans mon choix d’étudier la littérature, d’écrire.

Ce n’est pas innocent. Quelqu’un m’a soufflé à l’oreille que Simon-Jolin Barrette, qui a grandi dans la vallée du Richelieu, voue une grande admiration aux Patriotes.

Je lui mentionne que, dans son essai, Aquin évoque souvent la défaite des Patriotes à Saint-Charles et le rapport de Lord Durham qui, en 1838, est envoyé par la Couronne britannique au Bas-Canada dans le but de faire enquête sur leur rébellion.

Dans un rapport célèbre, il recommande au roi d’Angleterre de mettre en place une politique d’assimilation des Canadiens français, un peuple sans littérature et sans histoire, précisait Durham. Cette assimilation serait dans l’intérêt des Canadiens français, inférieurs à la race anglaise, précisait le noble britannique.

Les Patriotes se sont battus contre les idées mises de l’avant dans ce rapport, m’explique un Simon Jolin-Barrette soudainement enthousiaste.

Les Patriotes.

J’avais trouvé, dans le détour, ce qui mettait de la couleur dans les mots du ministre.

La raideur a quitté son corps. Une étincelle s’est allumée dans ses yeux brun-vert.

Il m’adresse un sourire franc et précise qu’on a tort d’associer les Patriotes uniquement au mouvement souverainiste, que les troupes de Louis-Joseph Papineau voulaient surtout la démocratie.

C’est grâce à eux que les Canadiens ont eu un gouvernement responsable. La démocratie canadienne, c’est à leurs sacrifices qu’on la doit, dit-il convaincu.

Les Patriotes, le rapatriement de la Constitution en 1981 sans l’accord du Québec, le rejet de l’accord du lac Meech, le référendum de 95, les périls et les obstacles sur la route historique des Québécois, il en parle avec animation, avec émotion même.

On a une histoire dont il faut être fier. Nous sommes la seule nation francophone en Amérique du Nord. Il ne faut pas avoir peur de ce que l’on est. Faut être fier de ce qu’on est!

Simon Jolin-Barrette a enlevé son veston. Il m’explique à quel point son intérêt pour l’histoire joue un grand rôle dans la sienne.

Ce que je suis prend sa source dans l’histoire du Québec, ça m’a construit dans mes idéaux et comme politicien, dit-il avec une certaine intensité.

Le ministre Simon Jolin-Barrette lors des débats en chambre.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le sanguin

5 Décembre 2019.

Même du haut de la tribune de la presse au Salon bleu de l’Assemblée nationale d’où je regarde la scène, la tension est perceptible. Marc Tanguay, leader parlementaire du Parti libéral (qui a, par ailleurs, milité pour la souveraineté dans sa jeunesse), harangue la CAQ.

Il cherche manifestement à provoquer Simon Jolin-Barrette, qui semble bouillir. Discrètement, François Legault pose délicatement sa main sur l’avant-bras de son leader parlementaire. Pour le calmer?

Cette relation entre Tanguay et Jolin-Barrette est qualifiée par plusieurs personnes à qui j’ai parlé à l’Assemblée nationale de bataille de coqs.

La tension a culminé l’automne dernier, quand Simon Jolin-Barrette a lâché un cavalier Sors-le! au président de la Chambre, en parlant de Tanguay.

La vaste majorité des collègues de Simon Jolin-Barrette à l’Assemblée nationale qui ont accepté de me parler de lui m’ont demandé de taire leurs noms, parce que c’est délicat, m’ont-ils tous dit.

Il est assez rancunier, m’a raconté l’un d’eux.

Plusieurs des députés avec qui j’ai discuté attribuent les tensions en Chambre à la rigidité de Simon Jolin-Barrette face aux groupes d’opposition.

Il ne tient pas compte de nos horaires, contrairement aux libéraux, qui avaient compris que la conciliation, c’est payant, une stratégie pour arriver à leurs fins. Simon, il perd des batailles qu’il aurait pu gagner facilement s’il n’avait pas antagonisé les gens de cette façon, m’expliquait un vieux routier du Salon bleu.

Un autre député d’un des groupes d’opposition évoque la mèche courte de Simon Jolin-Barrette.

spring!”,”text”:”C’est un véritable clown à spring!”}}” lang=”fr”>C’est un véritable clown à spring! Le député me raconte que Simon Jolin-Barrette n’épargne pas ses propres troupes. prime! Même avec ses députés!”,”text”:”Il est ben prime! Même avec ses députés!”}}” lang=”fr”>Il est ben prime! Même avec ses députés!

En tant que leader, c’est Simon Jolin-Barrette qui désigne ceux qui vont répondre à une question.

Le ministre Simon Jolin-Barrette prend la parole. À droite, le premier ministre François Legault et la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le député me raconte qu’une fois, pendant les inondations à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Simon a désigné une ministre pour répondre à une question de l’opposition.

Or, Geneviève Guilbeault s’est levée même si ce n’est pas elle que Simon avait choisie pour répondre.

Simon était furieux et l’a montré devant tout le monde en Chambre, se souvient le politicien, avant d’ajouter : Les deux chouchous de François Legault ne s’aiment pas beaucoup.

Le côté soupe au lait de Simon Jolin-Barrette ne date pas de son entrée en politique.

Il est prompt et orgueilleux, m’a raconté un ancien collègue du contentieux de la Ville de Montréal où il a travaillé après ses études de droit.

Un de ses collègues de la CAQ, qui n’a pas non plus voulu qu’on l’identifie, me dit qu’en fait, Simon Jolin-Barrette a tout un caractère.

Cette image d’être stoïque, de robot, ne serait, selon lui, qu’une parade : J’ai l’impression qu’il se protège, résume-t-il.

La députée libérale Marwah Rizqi est aussi de cet avis.

Il est sensible, mais il ne veut pas le montrer. Mais, je vous le dis, il n’y a pas une once de méchanceté dans ce gars-là, explique la députée libérale, qui n’aurait jamais, au grand jamais, pensé retrouver son collègue Simon avec qui elle a étudié en droit à Sherbrooke, à l’Assemblée nationale.

Il était sage comme une image, discret, timide. On n’aurait aucunement pu se douter qu’il pourrait un jour aller en politique, dit-elle avec emphase.

Simon Jolin-Barrette est ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration dans le gouvernement caquiste de François Legault.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Solitude et sacrifice

Novembre 2019.

Sur la tribune d’une grande salle obscure du Palais des congrès, Simon Jolin-Barrette risque une blague devant les membres de la Chambre de commerce de Montréal.

Il faut dire que l’atmosphère est tendue.

Le président de la Chambre de commerce, Michel Leblanc, ainsi que plusieurs personnes dans la salle ne se sont pas gênés pour déclarer publiquement que le lien de confiance avec ce ministre était fragile, qu’ils n’étaient pas d’accord avec ses politiques.

Il a venté fort dans les dernières semaines, mes cheveux ont presque bougé, risque-t-il, sourire en coin. J’ai même parfois envie d’être en coton ouaté, a-t-il ajouté, faisant une référence ironique au port de ce morceau de linge mou à l’Assemblée nationale par la députée solidaire Catherine Dorion.

À l’extérieur du Palais des congrès, des manifestants le conspuent.

Un homme dit au micro d’une journaliste qui recueille quelques commentaires que les politiques de la CAQ sont racistes. Un autre dit que le ministre n’a pas de cœur.

Après la conférence, je me tiens à l’écart d’une mêlée de presse où le ministre est bombardé de questions des journalistes, j’écoute des universitaires, qui discutent entre eux, casser du sucre sur Simon Jolin-Barrette.

Leurs propos sont durs, méprisants même.

C’est n’importe quoi ce ministre, dit l’un d’eux. C’est un amateur, dit l’autre en ricanant, avant d’ajouter, persifleur : On croirait un ministre de l’Union nationale.

Au début de novembre, Jean Leclair, professeur spécialiste en droit constitutionnel, qui a supervisé la thèse de Jolin-Barrette avant que celui-ci n’arrête ses études pour se lancer en politique, avait fait cette même allusion.

Le quotidien La Presse avait rapporté ces mots. Tout ce que j’y vois, ce sont des relents de l’Union nationale, au point où je me demande si leur prochain projet n’est pas la colonisation de l’Abitibi, ironisait le professeur, par ailleurs administrateur de la Société des anciens de la Fondation Pierre Elliott Trudeau.

Lors de notre entretien quelques jours plus tard, je reviens sur le cafouillage entourant la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) qui lui a valu d’être méprisé, entre autres, par son ancien professeur.

Simon Jolin-Barrette laisse échapper un grand mot : solitude. L’inexorable solitude qui vient avec le pouvoir.

En politique, on est entouré de personnel, de conseillers, mais quand ça brasse, quand il y a une tempête, il faut assumer ses responsabilités seul. Parfois, on se sent très seul en politique.

Il ajoute : C’est difficile, la politique. Ce n’est pas toujours une partie de plaisir. C’est pas l’fun pour ma famille. Quand on est critiqué, c’est difficile pour nos proches.

Des critiques, il en a eu son lot.

La Loi sur la laïcité de l’État qui interdit le port de signes religieux à des employés de l’État en position d’autorité en a fait hurler plus d’un.

Des intellectuels, des féministes, des groupes de pression l’ont dénoncé en choeur, ont affirmé qu’elle faisait la promotion de l’intolérance.

Je trouve déplorable et facile qu’on m’accuse de racisme, alors que la loi 21 met toutes les religions sur un même pied d’égalité, ce qui fait en sorte que, justement, on ne discrimine pas en fonction de la religion, dit le jeune ministre résolu.

Simon Jolin-Barrette est jaloux de sa vie privée.

Lorsque Patrick Lagacé lui demande, insistant, lors d’une entrevue en novembre dernier, s’il a des amis immigrants, s’il connaît des immigrants, il ne mentionne pas qu’il a déjà été en couple avec une femme musulmane, une relation évoquée par plusieurs de ses anciens camarades d’université.

Le ministre Simon Jolin-Barrette en chambre

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le patriote décomplexé

Janvier 2020.

Je retrouve Simon Jolin-Barrette à Laval, où il est venu faire une annonce sur l’ouverture d’un bureau régional du ministère de l’Immigration sur la Rive-Nord.

Après son allocution, plusieurs dames attendent pour se faire prendre en photo avec lui.

Le jeune ministre plaît beaucoup aux femmes d’un certain âge, m’avait soufflé un de ses collègues en riant, me racontant que lors d’une tournée, une femme lui avait dit assez fort : Toé, j’te ferais pas mal!

L’année commence raide.

Nous sommes en pleine controverse de la course à obstacles pour le parrainage des réfugiés, où des gens ont dû attendre longtemps pour déposer leur demande au ministère.

Le ministre est encore dénoncé pour son manque de sensibilité. Il admettra rapidement que ce système doit être revu et corrigé.

Simon Jolin-Barrette, qui a le teint reposé, me dit avoir ri de la blague du premier ministre lors de la spéciale d’Infoman du 31 décembre. Or, nos sources nous disent qu’il n’a en fait pas apprécié.

Qu’avez-vous lu pendant vos vacances?

L’homme debout de Jean-Claude Picard, une biographie de Camille Laurin, me répond-il.

Camille Laurin, ministre de René Lévesque, père de la loi 101 et de la Charte de la langue française. Laurin, explique la page de garde de cette biographie publiée par Boréal, voulait libérer tout un peuple de ses traumatismes et de ses complexes.

Tiens donc.

– Êtes-vous souverainiste? lui avais-je demandé en décembre.

Simon Jolin-Barrette avait souri, me voyant venir avec mes gros sabots.

Je crois que le Québec peut évoluer dans le Canada. Ceci étant dit, je crois que c’est important que le Québec dispose d’outils qui protègent son caractère distinct.

Mon patron, c’est un patriote décomplexé, m’avait glissé à l’oreille son chef de cabinet adjoint, Marc-André Gosselin, lui aussi jeune et passionné de politique et d’histoire du Québec.

Le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, le ministre des Finances Allan MacEachen et le premier ministre du Québec René Lévesque lors de la conférence de novembre 1981

Photo : La Presse canadienne / Ron Poling

Une nuit de novembre à Ottawa

Lors de la campagne référendaire de 1980, Pierre Elliot Trudeau s’engage à repenser le rapport entre le Québec et le Canada pour apaiser les velléités indépendantistes.

Il va y en avoir du changement, on met nos sièges en jeu, avait-il déclaré.

Un an plus tard, Trudeau décide de rapatrier la Constitution canadienne qui, à l’époque, est encore constituée d’une série de lois britanniques. Pour l’amender ou la changer, il faut convaincre Londres.

Le gouvernement fédéral tient, autour du projet de rapatriement, une ronde de négociations constitutionnelle avec l’ensemble des provinces à Ottawa.

Lors de pourparlers en 1981, René Lévesque et ses conseillers rentrent dormir à Gatineau après une longue journée de discussions. Alors que Lévesque est absent, Jean Chrétien, alors procureur général du Canada, négocie en catimini une entente avec les autres provinces.

Le matin, Lévesque se rend compte de la manoeuvre et refuse que le Québec signe la Constitution.

Depuis, aucun gouvernement québécois, qu’il soit fédéraliste ou souverainiste, n’a voulu ratifier cette entente.

Simon Jolin-Barrette a été marqué par cet épisode désigné par certains comme la nuit des longs couteaux.

Le Québec n’a pas adhéré à la Constitution, c’est important de toujours garder ça en tête dans les relations que nous avons avec le Canada.

Il fait référence aux poursuites contre la loi 21. L’Assemblée a décidé d’utiliser la disposition de dérogation.

Ce mécanisme fait partie théoriquement du compromis constitutionnel lors du rapatriement, rappelle-t-il.

Simon Jolin-Barrette rappelle que la majorité des Québécois valorisent, depuis la Révolution tranquille, la séparation entre le religieux et l’État et se dit que le fédéralisme hérité de 81 devrait respecter cela.

René Lévesque au moment de son discours de victoire du 15 novembre 1976, en compagnie de Camille Laurin (gauche)

Photo : La Presse canadienne

Cinq ans après l’adoption de la loi 101, mais toujours au coeur de la tourmente qu’elle avait déclenchée, Camille Laurin avait déclaré à un journaliste du magazine L’actualité : Avant de répondre aux critiques qui qualifient cette loi d’abusive, de discriminatoire ou de fasciste, attendons que s’implantent de nouveaux comportements, de nouvelles habitudes.

Jolin-Barrette est convaincu, lui aussi, qu’un peu comme la loi 101 qui à l’époque de son adoption faisait hurler, la loi sur la laïcité sera mieux acceptée avec le temps.

Dans 5, 10 ou 15 ans, je crois que les Québécois de toutes les origines seront fiers de cette loi et que, pourquoi pas, l’idée pourrait inspirer d’autres gouvernements.

Le ministre rappelle, en passant, que des lois sur la laïcité ont été adoptées dans plusieurs pays d’Europe.

Et à l’agenda en 2020, du ministre Jolin-Barrette? Beaucoup de dossiers, dont celui de la langue.

Les sacrifices

Simon Jolin-Barrette est père d’une petite fille, à qui il dédie son livre sur son projet politique publié en 2018 et intitulé J’ai confiance.

Je lui demande ce qu’il pense de la critique de Gabriel Nadeau-Dubois, au printemps 2019, qui lui reprochait de ne pas tenir compte de la conciliation travail-famille pour les élus. Le leader du gouvernement venait alors de demander aux parlementaires de siéger plus longuement que d’habitude pour accélérer le rythme des travaux.

À cette question, son regard se rembrunit.

S’il y a quelqu’un qui fait des heures à l’Assemblée nationale, c’est bien moi. Et si quelqu’un sait que ça demande des sacrifices quand on a une jeune famille, c’est bien moi. Alors…

Jolin-Barrette ne termine pas sa phrase. Un très bref silence chargé habite la pièce.

Le jeune homme n’est certes pas un robot quand son enfant lui manque.


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