ACEUM : les conservateurs demandent à Ottawa d’indemniser les producteurs laitiers

Écrit par sur 29 février 2020

L’opposition conservatrice estime que le gouvernement devra indemniser les producteurs laitiers dans les 90 jours suivant l’entrée en vigueur du nouvel accord commercial nord-américain, affirmant que le secteur reste le plus grand perdant de ce pacte renégocié.

Cette recommandation est tirée d’une lettre adressée à la vice-première ministre Chrystia Freeland par des députés conservateurs, dont une copie a été obtenue par La Presse canadienne.

Le secteur de la production laitière a été l’un des points les plus controversés de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain que le président des États-Unis Donald Trump a imposée au Canada et au Mexique en 2017.

Donald Trump avait notamment critiqué les Canadiens pour avoir, selon lui, mis les agriculteurs américains au chômage avec le principe de la gestion de l’offre qu’il considérait comme une pratique déloyale.

Pour le président américain, qui s’est engagé à se battre pour ses agriculteurs, la perception de la réussite ou de l’échec de ces négociations est primordiale, car elle affectera ses chances de réélection, en particulier dans les principaux États du Midwest comme que le Wisconsin.

Une industrie « abandonnée »

L’industrie laitière canadienne s’est inquiétée de la façon dont les accords commerciaux amenuisaient sa part du marché canadien, non seulement lors de la renégociation de l’ALENA, mais aussi lors des négociations commerciales précédentes qui ont mené au pacte global du Canada avec l’Union européenne.

Le groupe le plus abandonné par votre gouvernement pendant les négociations de l’ACEUM (Accord Canada–États-Unis–Mexique) est le secteur laitier canadien, indique la lettre des conservateurs, qui cite une perte de 3,6 % de parts de marché au Canada en raison de l’accord.

En outre, l’élimination des classifications des concentrés de protéines de lait, du lait écrémé en poudre et des préparations pour nourrissons « se combinent pour faire du secteur laitier le plus grand perdant de cet accord », indique la lettre.

La porte-parole de la ministre Freeland, Katherine Cuplinskas, a affirmé vendredi que le gouvernement était déterminé à ratifier rapidement la nouvelle entente.

Nous demeurons engagés à indemniser pleinement et équitablement nos producteurs et transformateurs laitiers dans les secteurs soumis à la gestion de l’offre , a indiqué Mme Cuplinskas.

Demande de report de l’ACEUM

L’impasse autour de l’industrie automobile a été un obstacle majeur lors de la renégociation de l’ALENA. C’est pourquoi l’opposition demande également au gouvernement de reporter la mise en oeuvre du nouvel accord pour l’industrie automobile à janvier 2021, « pour lui permettre de s’adapter au nouveau climat de l’accord ».

L’évaluation des répercussions économiques du nouvel accord, publiée cette semaine par Ottawa, prévoit notamment que les exportations canadiennes d’automobiles vers les États-Unis diminueront de près de deux milliards de dollars, note la lettre conservatrice.

Malgré ces pertes, l’analyse du gouvernement mentionne que l’accord demeure positif pour le Canada étant donné qu’il valait mieux cette entente commerciale plutôt qu’aucun accord.

Les conservateurs se sont aussi inquiétés de l’incidence du nouvel accord sur la capacité des entreprises canadiennes à soumissionner pour des projets dans les secteurs des infrastructures, du commerce numérique, de la culture ou de la foresterie.

Les États-Unis et le Mexique ont officiellement ratifié le nouvel accord, mais il est toujours devant le Parlement canadien.


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